Alimentation

Les moutons sont des mammifères exclusivement herbivores. Les aliments sont surtout de deux types, les aliments grossiers dont la valeur alimentaire est assez faible, et les aliments concentrés, permettant d’apporter un complément aux premiers pour couvrir les besoins alimentaires.
Les aliments grossiers (foin, paille de riz…) constituent l’aliment de base. Les aliments concentrés (ripasse, céréales…), serviront juste à complémenter les aliments grossiers. La plupart des régimes alimentaires des moutons comprend un apport de minéraux, soit incorporés dans le reste de l'alimentation (CMV demander conseils à votre vétérinaire.) soit en pierres à lécher.
Les moutons ont besoin d'une source permanente d'eau potable à leur disposition. La quantité d'eau nécessaire pour les moutons varie avec la saison et le type et la qualité des aliments consommés. Lorsque les moutons se nourrissent de grandes quantités d'herbes fraîches et en saison humide (notamment avec la rosée matinale, les moutons se nourrissant beaucoup dès l'aube) ou de ripasse trop mouillé par exemple, ils ont moins besoin d'eau. Lorsque les moutons sont parqués ou mangent de grandes quantités de foin ou fane d’arachide sec, ils ont besoin de plus d'eau. Ils ont besoin aussi d'eau propre, et peuvent refuser de boire de l'eau qui est couverte d'écumes ou d'algues.
Rappel sur la digestion
Le mouton est un herbivore ruminant. Son estomac est composé de quatre compartiments (rumen, réseau, feuillet et caillette). Le rumen et le réseau sont riches en microbes, des protozoaires, des bactéries et des levures. Ceux-ci dégradent les aliments ingérés par un processus de fermentation qui permet de décomposer la cellulose des tiges, feuilles, graines et coques ingérées en acides gras volatils (acide propionique, butyrique, acétique...) et en glucides simples. Lorsque les moutons paissent, la végétation est mâchée pour former une masse appelée bol, qui, une fois avalé, passe ensuite dans la première chambre: le rumen. Le rumen a une capacité de 19 à 38 litres ; c'est là où fermente le bol par le biais d'une relation de symbiose avec les bactéries, les protozoaires et les levures de la flore intestinale. Le bol est périodiquement régurgité dans la bouche pour être à nouveau mastiqué et imprégné de salive. Au cours de la fermentation, le rumen produit des gaz (méthane, gaz carbonique) qui doivent être expulsés : des perturbations, telles que des changements brusques dans le régime alimentaire, peuvent provoquer des pathologies potentiellement mortelles comme le ballonnement. Après la fermentation dans le rumen, l'alimentation passe dans le réseau et le feuillet. Des aliments spéciaux tels que les céréales peuvent contourner purement et simplement le rumen. Après les trois premières chambres, la nourriture se déplace dans la caillette finir sa digestion gastrique avant de passer dans l'intestin. La caillette est la seule chambre analogue à l'estomac de l'homme.
Conseils pratiques en alimentation

- Il existe un équilibre délicat entre les différentes catégories de microbes du rumen. C’est pourquoi les changements d’alimentation doivent être faits de manière progressive (pendant 15 jours).
- Les brebis nourries correctement pendant la gestation donneront un agneau lourd et vigoureux.
- La production laitière dépend de la demande en lait par l’agneau (plus l’agneau tète plus la brebis produit du lait) et atteint un pic à 3 semaines. Il faut donc adapter les besoins en alimentation des agneaux à partir de 3 semaines en mettant à disposition du foin et des concentrés à volonté dans des parcs ou seuls les agneaux ont accès.
- Pour prévenir la toxémie de gestation,
- il faut assurer une bonne alimentation en fin de gestation, notamment en apportant du foin de bonne qualité, du concentré, ainsi que de la mélasse diluée qui assure un apport en glucose ;
- il faut mettre à disposition des brebis une grande quantité d'eau accessible en toutes circonstances pendant la période anté-partum ;
- il faut éviter l'embonpoint par surcharge graisseuse et stimuler l'appétit de l'animal quelques semaines avant le part ;
- à partir de la seconde moitié de la gestation il faut fournir aux animaux une ration composée d'aliments de faible digestibilité assurant une bonne activité de la microflore du rumen ;
- Ce n'est que six à huit semaines avant le terme que l'on envisagera un régime de forçage afin de préparer la brebis à consommer des concentrés et de stimuler son appétit. Ce régime comprend l'apport par paliers successifs de concentrés de céréales de 250 mg par jour au début pour arriver à 1 kg par jour pendant les deux dernières semaines de gestation. Cela permet une limitation de la mobilisation des réserves lipidiques en fin de gestation, et donc un maintien d’une production laitière élevée en début de lactation sans effet négatif sur la persistance de la lactation dans la période s’étendant du pic de lactation à la saillie.
- un exercice musculaire léger et régulier est conseillé pendant la gestation pour limiter l'engraissement excessif ;
- il faut éviter toute situation de stress, toute cause d'anorexie pouvant favoriser l'apparition d'une toxémie de gestation.
- Faut éviter la surcharge calcique en fin de gestation. En effet, par effet de rétro-action, l’excès de calcium en cette période stimule la sécrétion des hormones hypocalcémiantes qui provoquera une carence calcique plus sévère. la méthode la plus souvent préconisée est la limitation des apports de calcium pendant les deux à quatre dernières semaines avant l’agnelage. Cette restriction calcique favorise l’absorption du calcium au niveau digestif et stimule les mécanismes compensateurs de l’homéostase calcique.
- Faut éviter l’excès d’apport de sel chez le mouton qui en est très friand. Elle peut provoquer un oedème cérébral (passage des électrolytes dans le liquide céphalorachidien) manifesté par des symptômes nerveux (cécité, ataxie, dépression, excitation, opisthotonos, tournis, parésie) et la mort en 24-48h.
- Eviter la surconsommation de concentrés à base de céréales, un changement brusque de régime alimentaire ou la distribution de céréales mal conservées peuvent être à l’origine d’une acidose par excès de fermentations lactiques.
- Eviter de donner de l’aliment moisis (pain moisi, céréales etc.). Ces derniers secrètent des toxines qui peuvent provoquer des troubles de la reproduction (oestrogénisme), une atteinte de l’appareil sanguin et dans certain cas, on peut observer de l’avortement.
- Les aliments pour ovins doivent être spécialement formulés, comme pour la plupart des autres animaux domestiques: bovins, volaille, porc, et il faut savoir que certains aliments préparés pour les chèvres peuvent avoir des teneurs en cuivre mortelles pour les moutons. Le même danger s'applique avec les suppléments minéraux comme les pierres à lécher ;
- Les brebis doivent être supplémentées pendant la grossesse pour augmenter le poids des agneaux à la naissance, 70% du poids de naissance d'un agneau se prenant dans les cinq à six dernières semaines de gestation.





















